Illustration de Carlotta Irma Preo
Si mon cœur n’est pas à la fête,
Il faut bien me rendre à l’évidence,
Dans mon âme, je suis poète.
Croyez-moi, je ne l’ai pas choisi,
Mais cela, donne tout son sens
À mon inquiétante et exaltante vie.
Voyez le deuil de ma mélancolie, qui hiverne
Mes beaux désirs envolés de passions infinies,
Monde intime et refrain violent, qui s’énerve
A marier la vérité dans les traînes des non-dits,
Et, à s’illusionner sur mes amours en berne;
Amère poésie, j’aperçois là, enfin tes limites.
Frustration à l’éclat vernis d’un miroir trompeur,
Brisant la vision troublante de mes plaisirs illicites,
Pour me faire succomber, durement, à l’horreur
Et à la réalité de la beauté de ton chant si triste.
Au rythme torturé de mes liaisons amoureuses,
Femmes enchaînées, fantômes de ma mémoire,
Qui se sont offertes, lascives et bien heureuses.
Je leur ai offert du rêve mais ô combien dérisoire,
Mon monde n’est réel que pour les aventureuses.
Je t’en supplie, cruelle poésie, laisse-moi l’Italie
Et, ma belle Carlotta, dont l’âme encore virginale
M’offre la clef d’or des portes d’une nouvelle vie.
Laisse-moi l’aimer, l’adorer, comme une vestale
Que je puisse m’exalter pour les temps infinis.
Alain Meyer-Abbatucci