
Sur ses cils baissés scintille une belle nuit d’avril,
Propice aux clignements du baiser qui les frôle
Je ne vois que l’œil pur de l’amour qui distille,
Un parfum de vanille rendant mon cœur tout drôle.
J’avance dans les images, se dessine son visage,
La couleur de ses cheveux multiplie les reflets,
Sur toutes les parties de son corps, je voyage,
Brise délectable me grise sur son antre secret.
Toison adulée, encrier de ma passion littéraire
Vrillent mes mots dans toute sa volupté offerte
Ma plume est tendue, tous mes sens en alerte,
Elle s'apprête à vénérer un beau trésor de chair.
Délice suprême, mais il faut que je me retienne,
Et, cette sève ronronnant à l'entrée de ses lèvres,
Rosée que je recueille, bourgeon que j'effeuille,
Mon écriture tremble comme habitée par la fièvre.